Dessiner Isolde

50° 06N / 8° 40E

Ce sera la mission MARC qui viendra l'année prochaine, chercher les instruments qu'a déposé ISOLDE. Le premier projet de mission proposé par Marion (la géophysicienne qui est à l'origine de ce projet) s'appelait TRISTAN. Nous avons dessiné ensemble le logo de l'expédition ISOLDE. J'ai utilisé le logiciel Autocad pour le créer. Nous avons intuitivement repris une partie du drapeau de Tristan d'Acuhna. Le volcan qui émerge, le présumé hot-spot. Une vue en coupe du sous sol et de l'océan, la mission océanographique, et cette Isolde instable au fil de l'eau.

Logo de la mission océanographique ISOLDE 2012
 

La route est assez simple

24° 12S / 12° 12E

Suivre la chaîne de volcans au départ de Walvis bay, Walvis ridge, située à plusieurs milliers de mètres de profondeur, un jeu d'enfant et on arrive au lieu présumé du hot-spot: Tristan, un peu avant la dorsale atlantique. Simple non? Tristan est à la croisée des chemins de montagne marins (pour des géo-physiciens, sismologues,géologues).

Ecran d'un des ordinateurs de la passerelle du Merian 2012
 

La route est assez simple 2

24° 12S / 12° 12E

Ecran du sondeur multi-faisceau. On aperçoit à travers le modèle le cratère d'un volcan "sur-volé" 2012
 

Le lit de la mer

28° 31S / 04° 26E

Maintenant lorsque je regarde la surface de l'eau, j'imagine des montagnes, des volcans éteints, là juste en dessous, cette même impression que je ressentais sur 2km de glaces à Concordia en Antarctique. Un autre paysage en dessous, imaginé par des modèles, des sondes fixées sur les coques de bateau, les patins des Twin-Otter. Mesurer l'écho pour dessiner les cartes, les coupes. Passer par le son et son temps de propagation en fonction de la salinité de l'eau, des courants marins qui déforment les données, pour dessiner les cartes du fond marin, faire la bathymétrie de l'espace traversé.

Atlantique sud 2012
 

Embarquement - débarquement

30° 50S / 00° 06E

Un de mes oncles marin qui est maintenant en retraite dans le sud de la France, me racontait récemment lorsque j'évoquais mes projets de traversées que mon grand père, lui aussi marin, dès son débarquement, à peine le pied mis au quai, proposait "qui m'aime me suive" à ses multiples enfants afin d'arpenter Brest. C'était le signal et toujours le même chemin, toujours les mêmes souvenirs qui y étaient associés. Il retrouvait son enfance, ses amours de jeune marin, sa famille, ses lieux, cette bulle emportée avec lui qui lui manquait tant et lui pesait à la fois lorsqu'il restait trop longtemps là. Peu de mots étaient échangés mais il était rentré, bien rentré quand ce tour était effectué. J'ai demandé à mon oncle de me dessiner ou de me décrire le trajet de cette déambulation, il l'aurait fait mais ce texte, lui, s'est perdu dans les méandres d'internet.

Cette mer que je traverse en ce moment, il l'a parcourue de nombreuses fois, je sais qu'une petite pointe d'euphorie l'envahira lorsqu'il recevra mon premier mail, cette sorte de sentiment océanique par procuration. C'est lui qui m'avait encouragée à partir en Antarctique avec le bateau de l'institut polaire français l'Astrolabe, en me disant "cette mer là...tu dois la connaître... toi aussi". Il aura fallu de nombreuses générations avant qu'une femme de la famille puisse partager cela avec eux. Je commence à comprendre... 

Carte marine SHOM Atlantique sud 2012