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Des voix dans la toundra désertique

Enregistrement de Joe s'occupant des enfants dans une tente. Il imite l'ours polaire endormi qui ronfle et se réveille terre de Baffin 2011

 
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Les mots de la maison

Enregistrement de Janny apprenant à Bryana les mots qui décrivent les parties extérieures et intérieures de la maison pendant la semaine de marche en terre de Baffin 2011

 
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Il faisait 5°c en terre de Baffin

 
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Modes de transport ancestraux

Les poussettes ne sont pas encore arrivées à Igloolik (nous avons vu la première hier) et ce ne sont pas les modes de transport des enfants les plus pratiques. L'hiver c'est impossible car les enfants seraient trop exposés au froid intense (jusqu'à -40°), et l'été les routes-rues sont en gravier et en terre, la poussière et la boue sont omniprésentes. La meilleure solution reste "l'amautti". Les femmes portent encore leurs enfants nus ou habillés dans leurs dos, une large capuche les protège des intempéries et de la poussière. Le contact direct avec le corps de leurs parents reste le moyen le plus adapté pour éviter le refroidissement des enfants par grand froid.
Un fait ethnographique nouveau est que les pères commencent à porter également les enfants dans leurs dos, pendant que les femmes travaillent ou sont occupées à d'autres tâches. Lors de notre marche, les enfants étaient tous portés dans des "amautti", alternativement par les parents, les adolescents sans distinctions familiales.
Mais peut être que comme à Iqaluit l'asphalte va arriver et cela changera comme d'habitude pas mal de choses…
En revanche l'utilisation de l'amautti l'été, dans les camps loin du village et les marches liées à la chasse à la pêche, sera toujours d'actualité.
L'"amautti" dernières traces du nomadisme dans la vie quotidienne d'Igloolik?

Modes de transport ancestraux

Le nomade moderne

« Le nomadisme est un thème qu'on trouve disséminé dans l'oeuvre poétique et journalistique de Mosha Folger. Dans son slam intitulé « Old Indifferences » — que l’on retrouve dans le film Never Saw It —, il explique comment le nomadisme inuit a toujours lieu aujourd'hui mais que sa nature s'est transformée : aujourd'hui, les nomades ne sont plus les clans familiaux qui cherchent leur subsistance mais les itinérants inuit qui parcourent les villes du Sud, victimes de la trop grande pauvreté de communautés incapables de subvenir aux besoins de tous. Le phénomène du nomadisme mué en itinérance est aussi abordé dans son article « Life on the (not so mean) streets », paru dans la revue Inuktitut au printemps 2006. Ce nomadisme est imposé notamment par les conditions insuffisantes de logement dans l'Arctique canadien, résultat d'une incapacité de fournir les ressources adéquates à un peuple qu'on a voulu sédentariser de force. Puisque le nomadisme est depuis des millénaires un trait fondamental de la culture inuit, faut-il croire que les Inuit sont désormais « condamnés » à un nomadisme déshonorant ? il ne faut pas que ce soit le cas ; même forcé à la sédentarité, un Inuk devrait pouvoir demeurer nomade par l'esprit. Folger se définit lui même comme un Inuk nomade moderne, ayant vécu à Iqaluit, à Vancouver et Ottawa. Je serais aussi tenté de voir dans sa grande multidisciplinarité un autre nomadisme, artistique celui-là. »
Maxime Bock

http://id.erudit.org/iderudit/16675ac

 
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Mode d'emploi adressé

J'ai retrouvé ce mail que m'a envoyé l'artisan Thierry Godinec qui fabrique vers Brest des sténopés, J'aime particulièrement ce type de mode d'emploi très précis, consciencieux et adressé. Exprimer sans dessin l'usage d'un objet sans électronique. En expliquant aux inuits qui m'accompagnaient comment ils pouvaient se servir du sténopé, je me rendais compte combien c'était proche de la pêche et du temps à y consacrer avec art et patience.

"Bonsoir Catherine,
Je vous ai fait partir le boîtier 4x10 avec le courrier de ce jour, vous devriez le recevoir lundi ou mardi, comme convenu. Voici le numéro de suivi du Colissimo R3 : 8U01008148251.
J'ai fait en sorte de vous simplifier la vie au maximum, le boîtier est composé de deux parties qui s'emboitent l'une dans l'autre, comme des poupées russes.

L'assemblage est maintenu par des aimants néodymes (je n'ai pas retenu l'idée des mollettes, vous auriez eu à les visser/dévisser à l'aveugle, ça prendrait trop de temps.
L'obturation va se faire au bouchon : là aussi j'ai utilisé des aimants néodyme, vous ne pouvez pratiquement pas retirer le bouchon si vous le tirez vers vous (ces aimants sont très puissants) par contre, si vous tournez le bouchon d'1/8ème de tour sur lui même, les aimants ne seront plus en prise et le bouchon viendra tout seul, sans imprimer le moindre mouvement au boîtier.

Procédure de chargement :

Dans le sac noir ou dans une chambre noire, ouvrez le boîtier en plaçant l'avant vers le haut (le bouchon vers le haut), sur le côté de la partie avant du boîtier (qui se trouve maintenant vers le haut) vous trouverez deux encoches, une de chaque côté du boîtier : avec le bout des doigts, prenez appui sur ces encoches pour soulever la partie avant du boîtier vers le haut et ouvrez le boîtier. Ceci va se faire lentement non pas du fait de la résistance des aimants néodymes qui le ferme, (j'ai placé des aimants pas trop puissants pour que vous puissiez l'ouvrir sans difficulté), vous allez cependant sentir une certaine résistance, ceci est provoqué par la dépression d'air qui se produit à l'ouverture du boîtier jusqu'à ce que la partie interne, qui sert à maintenir le papier à plat, soit sortie du boîtier.

Une fois que vous avez retiré la partie avant, placez là devant le boîtier et introduisez une feuille de papier (ou un film au format) dans l'appareil, surface sensible vers le haut, vous avez une marge de près d'1 mm dans chaque direction, vous ne devriez donc pas avoir de problème. Laissez simplement tomber la feuille dans le boîtier, puis replacez la partie avant en mettant la partie cadre qui sert à plaquer le papier juste à l'entrée de la boîte, en coïncidence avec l'ouverture de la boîte, vous y arriverez très facilement en vous guidant avec le bout des doigts, laissez alors la partie avant retomber toute seule vers le bas, au fur et à mesure que l'air va s'échapper de la boîte, la partie avant va descendre et finir par se fixer sur les aimants néodymes, assurant la parfaite étanchéité du boîtier à la lumière, il ne s'ouvrira que si vous décidez de l'ouvrir, il n'y a pas de risque que cela se produise tout seul.

Pour exposer l'image : montez la plaque du trépied sur le boîtier, placez le boîtier sur le trépied photo et orientez le vers votre sujet, aidez vous du niveau à bulle pour mettre le boîtier à l'horizontale, si vous laissez le boîtier à niveau, la ligne d'horizon va passer au centre, n'hésitez donc pas, une fois le boîtier à niveau, à basculer vers le bas ou vers le haut pour sortir la ligne d'horizon du centre de l'image.

Une fois que tout est prêt et que la photo peu être prise, tournez le bouchon sur lui-même d'1/8 de tour (c'est très peu), les aimants qui le maintiennent en place ne seront plus en face les uns des autres, il va donc venir tout seul, sans imprimer de mouvement au boîtier, pour terminer l'exposition, ramenez le bouchon près du trou du sténopé, le bouchon va se placer de lui même dans la bonne position.

Pour décharger le boîtier, retournez au sac noir ou à la chambre noire et procédez à l'ouverture comme indiquée plus haut. Pour récupérer la feuille exposé, le plus simple et de placer le boîtier ouvert à la verticale et de mettre la main à l'entré de la boîte pour recueillir la feuille exposé qui va tomber toute seule par gravité.

Le sténopé est accessible de l'intérieur du boîtier, une fois celui-ci ouvert, le disque à sténopé est retenu par un anneau en caoutchouc qu'il suffit de retirer pour changer de sténopé. La procédure est très simple, vous n'avez besoin d'aucun outil.

J'ai fait une finition huilé très discrète à l'extérieur, l'intérieur est teinté/huilé noir pour la boite, la chambre noire interne est intégralement recouverte de velours noir ce qui devrait vous apporter un meilleur contraste sur l'image.

Il n'y a pas d'entretien particulier à prévoir, un simple essuyage de temps à autre suffira. Ne laissez pas d'eau en contact avec le boîtier pour éviter tout mouvement des bois, munissez vous d'un pinceau propre de 4-5 cm de large pour retirer les poussières qui pourraient entrer dans le boîtier.

N'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin d'aide pour utiliser ce matériel, vous pouvez d'ailleurs m'appeler quand vous le recevrez si vous voulez que l'on en discute avec le boîtier sous les yeux, ce sera peut être plus simple.
Merci encore pour votre commande, je vous souhaite un très bon week-end, à bientôt,

précision dans le flou - pour répondre à la précision de Thierry Gonidec

En mai 1816, Nicéphore Niepce, déjà plongé dans les recherches qui conduiront à l'invention brevetée de la photographie, envoie à son frère Paul cette description d'une image du paysage champêtre et familier depuis leur maison de St Loup de Varenne obtenue à la chambre obscure "à l'aide d'un procédé très simple, qui consiste à rétrécir avec un disque de carton percé, le diamètre de l'objectif"…
L'intérieur de la boîte étant moins éclairé, l'image en devient plus vive et ses contours ainsi que les ombres et les jours sont bien mieux marqués. Tu en jugeras par le toit de la volière, par les angles de ses murs ; par les croisées dont on aperçoit les croisillons: les vitres même paraissent transparentes en certains endroits, enfin le papier retient exactement l'empreinte de l'image colorée ; et si l'on n'aperçoit pas tout distinctement, c'est que l'image de l'objet représenté étant très petite, cet objet paraît tel qu'il serait s'il était vu de loin...La volière étant peinte renversée, la grange ou plutôt le toit de la grange est à gauche au lieu d'être à droite. Cette masse blanche qui est à droite de la volière au-dessus de la claire-voie qu'on ne voit que confusément...c'est le poirier de beurrés blancs qui se trouve beaucoup plus éloigné ; et cette tache noire en haut de la cime, c'est un éclairci qu'on aperçoit entre les branches. Cette ombre à droite indique le toit du four qui paraît plus bas qu'il ne doit être parce que les boîtes sont placées à cinq pieds environ au-dessus du plancher. Enfin, mon cher ami, ces petits traits blancs marqués au-dessus du toit de la grange, ce sont quelques branches du verger qu'on entrevoit et qui sont représentés sur la rétine…"