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Décharge Autocad

Dessin de la décharge d'Igloolik réalisé avec le logiciel de DAO Autocad de Autodesk. Logiciel le plus répandu dans le monde et conçu à l'origine pour la réalisation de dessins de mécanique, adopté par les ingénieurs puis par les architectes. Ce logiciel interdisciplinaire est également utilisé dans les domaines de l'industrie, de l'électronique, de l'urbanisme, de la cartographie, de la topographie.

Les objets de décharge insérés dans le dessin puis légèrement modifiés, proviennent de la "bibliothèque" d'éléments standard Autocad. Saisie réalisée par Adélie Parat, étudiante en architecture, d'après mes dessins de relevés. Igloolik 2011.

 
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Main street

Perspective que j'aime particulièrement avec le détail des fondations des poteaux électriques en bois (importés), le permafrost est tellement proche de la surface du sol qu'il est difficile de creuser. Ce sont ces cerclages d'acier galvanisé remplis de pierre et cailloux qui assurent efficacement ces fondations hors sol.

 
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Archi sacré

La réponse de mon cousin philosophe:

Chère Catherine,

 Merci pour ta longue réponse. Oui je connais les écrits de Le Corbusier et ce qui s’est fait en architecture d’églises : Ronchamp, Audincourt, Assy, Firminy etc. C’est une question qui m’intéresse depuis longtemps : comment se forme un espace sacré (qui n’est pas nécessairement chrétien, ni même religieux).  Il y a des textes importants d’Eliade sur la question. L’anecdote que tu racontes  est à la fois amusante et profonde. Amusante car elle en dit long sur les préjugés de chaque partie et aussi sur l’inculture, hélas assez fréquente chez les scientifiques. Entre superstition et colonialisme la question du sacré ne peut pas se poser !  En outre il y a autant de violence à vouloir rendre cet espace chrétien qu’à vouloir le définir comme athée. Dans les deux cas c’est une appropriation abusive à partir d’une idéologie particulière.

 Cela dit elle pose le problème effectivement de l’espace sacré pour un chrétien : d’un côté le christianisme s’est beaucoup libéré des espaces matériels bien délimités et dès que deux chrétiens se rencontrent il y a espace sacré, il y a église au sens fort du terme. De ce fait une cantine, une arrière-cour, etc., peuvent devenir le lieu d’une écoute et d’un échange de la parole de Dieu. D’un autre côté une pensée de l’incarnation comme le christianisme insiste également sur la nécessité que certains lieux puissent devenir des signes visibles de cette communion des personnes. Il n’est plus question cependant de construire des chapelles romanes, des cathédrales gothiques ou encore un Sacré Chœur (affreux).

En fait il y a deux questions, ce qui complique l’affaire :

1.       Quel bâtiment peut devenir aujourd’hui un signe visible de l’église comme corps du Christ ?  Chaque époque doit trouver ses propres possibilités d’expression.  Sauf délire particulier relevant plus du politique que de la religion,  notre époque semble revenir à des choses plus simples et il serait intéressant de savoir ce qui peut s’accorder à la fois à Dieu et à ces grandes étendues glaciaires. Il s’agit d’accorder Dieu, hommes et monde. Rien n’interdit les containers, ni les déchets d’une station. C’est justement une époque intéressante parce qu’elle est celle d’une déchristianisation massive, au moins en Europe, et cela conditionne et l’expression de la foi (qui devient discrète voire cachée) et la création. As-tu vu ce que les Clarisses ont fait à Ronchamp ?

2.       Il y a la question de l’art comme pouvoir de rendre visible l’invisible sans le dénaturer, donc en lui laissant sa dimension d’invisible.  On est souvent pris dans l’alternative accablante : soit de bons artistes non chrétiens, soit de mauvais artistes chrétiens. La question est donc de savoir comment un artiste pourrait aujourd’hui participer en architecture à la constitution d’un espace de prière, comment il peut ouvrir cet espace de prière aux croyants.

A bientôt j’espère.

Bises  manou

 

 

 
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Le temps d'une construction

Départ demain d'Igloolik, mon séjour aura duré le temps de la construction de l'église catholique d'Igloolik, six semaines.
Hier la COOP a été cambriolée pour des canettes de coca et cigarettes. Les dollars étaient toujours dans la caisse.

Le temps d'une construction

Et pendant ce temps-là au Festival d'automne à Paris:

Christoph Marthaler... le plus iconoclaste des artistes suisses s’en est allé, avec son équipe au grand complet (à commencer par Anna Viebrock, en charge des décors et des costumes), au Groenland. C’est en effet là-bas –« là-haut » –, dans la capitale Nuuk, et en compagnie d’artistes locaux, qu’a été fomentée cette nouvelle production qui associe avec jubilation et intelligence une grande sensibilité musicale et un étonnant sens du théâtre. Son titre, ±0, fait référence à la température qui sépare l’eau de la glace, à l’heure où le réchauffement climatique fait peser les plus sombres menaces sur la région arctique. Mais... ici, c’est une expérience biologique d’un autre type : celle qui se produit lorsqu’un groupe d’artistes d’Europe continentale se trouve immergé dans une géographie et une culture aussi radicalement autres, la manière dont ces déplacements et ces échanges peuvent produire un spectacle. Comment s’adapter à un environnement dont les fondations commencent à fondre ? Comment trouver un point fixe lorsque tous les repères, politiques comme physiologiques, sont en voie de mutation ? Comment oublier tout ce qu’on a appris d’un environnement étranger pour mieux s’y abandonner et briser la glace ? Sur la plus vaste île du monde, dans des conditions climatiques et sociales dont les extrêmes variations modèlent une trame musicale comme toujours omniprésente, cette expédition polaire a des allures de conte initiatique.
Plus que jamais, la banquise ressemble à un immense puzzle.

 
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Architectures d'aéroport

Le minimum nécessaire: stocker, laver les vitres de l'avion ou de la tour de contrôle, faire le plein, enregistrer les bagages, embarquer les passagers, communiquer avec le monde.