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Dump2 lieu de résistance

Plus je dessine la "dump", plus je la trouve à échelle humaine, sorte de décharge des années 50 européenne qui a encore peu de plastiques, de pneus ni d'électronique.

Je comprends petit à petit combien cette décharge est utile et offre une alternative aux constructions standard proposées par le gouvernement. C'est ici que tous les matériaux sont récupérés pour construire les shacks des chasseurs ou extensions des logements sociaux (95% des logements du village) n'ayant pas de remises pour le matériel et tous les travaux informels et de subsistance. Aller à la décharge est une forme de résistance à la consommation et devient le lieu d'ingéniosité, de résistance silencieuse finalement à la normalisation canadienne. C'est un lieu de troc, de liberté. C'est aussi le moyen d'avoir tout de suite une solution, une réparation, un abri. Un bateau porte-containers ne passe qu'une fois par an pour livrer les matériaux, véhicules etc…Tous les matériaux amenés par bateau sont excessivement chers, le fret doublant presque 4 fois le prix.

Le bateau arrive demain dans la nuit, la décharge et la plage vont changer de visage et devenir le centre du village. Les caisses bois sorties des containers seront ouvertes sur le rivage et viendront très vite à la dump, les 40 containers retournant quant à eux en général sur le bateau. Des matériaux quasi neufs sont aussitôt récupérables . A suivre…