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Sphère ou cube ?

 
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3 escales

Photo 2

Comme une peau recousue, cicatrices.

C'est une autre nature d'images mais ça fait penser à certaines photos de Sophie Ristelhueber.

3 escales

14h locales..

Sur les photos de tes escales, il y a une côte avec un marais découvert (marée basse sans doute?) et d'autres côtes avec des cordons de galets sub-parallèles, probablement construit avec du vieux matériel de moraines glaciaires.

Donc les houles recyclent du matos usé lors de la glaciation (vers 10 à 25 000 années ago, at least) et en font un nouveau paysage.

Quand tu construis avec de la "moraine" humaine, du déchet anthropique, tu es exactement en plein dans le même mécanisme de ré-utilisation. Tu es super naturaliste. Tu pourrais passer pour un processus naturel..

Vers ta destination (un peu au NE, sur ton île) il y a un petit lac circulaire qui ressemble à du thermo karst, (bloc de glace souterraine fondue qui en conséquence se traduit par une dépression circulaire en surface. )

Si t'as l'occasion d'y passer... regarde bien, c'est dû à de la "chaleur" qui, elle aussi, recyle du matériel (fait fondre) et fabrique des reliefs en creux...

Y'a plein de trucs méga recyclés dans ce coin, y'a rien d'original, c'est très intéressant!! (ou du moins pas beaucoup de trucs vraiment actuels et originaux... et ça se voit vraiment trop bien depuis Google Earth. Sur place ça doit être le plaisir -géomorphologique- total)

je t'embrasse

RV

3 escales

Note pour les 3 photos-cartes

La carte est-elle le territoire ?

Troublante imagerie actuelle entre carte et territoire, image surréelle dont l'archétype, pour moi, est la planisphère de Tom Van Sant réalisée à partir d'images satellitaires, sans nuages. (http://www.tomvansant.com/id4.html)

annick

Monde sans obstacle nuageux

About 16h20 locales avec un ciel gris et un début d'anticyclone bien mouillé...

Une terre sans nuages, c'est une terre sans pluie... donc sans glace, donc sans Arctique...

Parfois les géographes sont idiots (but successfull!).

C'est quoi ce fantasme d'un monde totalement transparent à lui-même au point de n'avoir plus rien d'inconnu??

Vive les terres et les mers avec une feuille de vigne!

RV

Jeu de go

La carte est-elle le territoire ?

on lit chez plusieurs auteurs vieillissants une attention particulière pour les états de sommeil et de demi-veille qui leur accordent une égale considération de réalité que l'état de veille. Chez Ernst Jünger (disparu à 103 ans!) cela se confond même avec la rencontre des héros et autres titans mythologiques qu'il considère alors comme acteurs intrusifs dans la constitution de notre réalité. Kant ailleurs dit à peu près la même chose dans ses considérations sur le "possible"…Les rêves sont plus forts que les faits du jour, ils sont créateurs de réel …(je re formule de mémoire). Où est ce que je veux en venir avec çà?…et la toundra arctique et ses moraines?…

Justement, à propos de la carte qui serait le territoire, une intuition qui prend corps au XVè s., avec l'invention du rationalisme dans la lunette de Galilée lequel Galilée a pu écrire que "…les mathématiques parlent le langage de Dieu". C'est précisément ce qui nous intéresse ici –dans l'itinéraire que CR nous propose de suivre- la cartographie de ses déplacements ne s'écrit pas dans les coordonnées des latitudes et longitudes pas plus que dans les relevés du GPS et peut-être moins dans les rendus géophysiques (photographies) que dans les récits. Les récits de CR et les notes qui s'y associent.

La constitution "toujours se faisant" d'une hypercarte –au sens qu'en donne Anne Cauquelin- plutôt qu'une carte et s'il s'agit de territoires c'est autant ceux des mythes, des rêves, des émerveillements et terreurs que celui d'une géographie physique. Ainsi contrariant Galilée, CR fait sans cesse bouger les abscisses et ordonnées des représentations des territoires qu'elle parcourt et associe aux données géophysiques, les complexités mythologiques, affectives, politiques et subconscientes …bref fait entendre l'écho de toutes les voix des récitants de ce théâtre arctique …

 

[ jeu de textes et notes croisées se répondant les unes aux autres, se dresse peut-être une cartographie des récits et investigations menées par CR comme les pierres posées l'une après l'autre sur un go bang dont les valeurs sont déterminées seulement par les relations de positions de l'une avec les autres. Toutes les pierres valent 1.]

…la carte n'est pas le territoire comme le voudrait l'affiche logico-mathématique …

(c'est promis la prochaine note sera moins "considérative" et géneraliste...j'essaierai!)

Monde sans obstacle nuageux

c'est quoi ce fantasme d'un monde totalement transparent à lui-même au point de n'avoir rien plus d'inconnu?

 

Une carte est, par définition, un monde sans nuages car elle est supposée représenter le territoire donc avec une vue "d'au-dessous" des nuages.

L'image satellite est une image "d'au-dessus" des nuages et les montre quand il y en a. C'est le principe de base des images de la météo tous les soirs avant ou après le Journal Télévisé (nous dire où il va pleuvoir).

Et il y a ce moment de téléscopage des deux où l'image satellite devient carte et d'où s'efface le nuage. La carte de Tom Van Sant est la première réalisée systématiquement à partir de milliers d'images satellites. Les images que nous a envoyées Catherine (comme Google Earth + Google Satellite) sont sur ce principe, elles ont perdu leur feuille de vigne.

C'est aussi le début d'un monde où plus rien n'est réellement "hors de portée" où il y a de moins en moins de "points aveugles". C'est ce qui nous permet de suivre Catherine via e-mail depuis un tracteur dans l'Antarctique et maintenant au-delà du cercle polaire arctique.

annick

Monde sans obstacle nuageux

En tout cas il me semble qu'on distingue parfaitement Igloolik sur ce globe ?

L'Astronome de Vermeer

3 escales - exotisme onomastique

Igloolik, « lieu où il y a des maisons »; bizarrement on aurait pu le comprendre d’emblée... L’igloo appartient à l’imaginaire de l’enfant occidental (en tout cas français, à ma connaissance) très tôt, même s’il n’y a pas de neige là où il vit, aussi vite que la cabane, comme prototype de maison... Et « lik » pour lieu, ma foi... Bon, d’accord, écrit avec les signes inuit (voir la parenthèse, note 1 de igloolik texte 3), c’est beaucoup plus ésotérique...

Par contre, des mots comme Iqaluit ou Kuujjuaq (d’après les graphies que j’ai trouvées sur google earth) induisent un exotisme par l’impossibilité, en français, de ne pas faire suivre « q » de « u », de mettre deux « u » à la suite, ou deux « j »... C’est le cas aussi des accents posés bizarrement sur des voyelles (sans parler des signes caractéristiques des langues scandinaves, par exemple); tout cela en restant dans l’alphabet dit latin...

cf « Tlön » et « Uqbar » (Borges)

Voyage parallèle

« C'est précisément ce qui nous intéresse ici - dans l'itinéraire que CR nous propose de suivre- la cartographie de ses déplacements ne s'écrit pas dans les coordonnées des latitudes et longitudes pas plus que dans les relevés du GPS et peut-être moins dans les rendus géophysiques (photographies) que dans les récits. » (11/08/04/TU16h00-JG- Jeu de go)

Peut-être en contradiction avec le projet de Cath (tel que décrit par Jérôme), j’ai eu envie d’explorer les deux parallèles (Nord et Sud) relatifs à la latitude d’Igloolik (69°22’32" sauf erreur) sur Google Earth (on a les moyens de voyager qu’on peut.).

(Jules Verne, auteur pré-oulipien en un sens (ne pas oublier que Raymond Roussel, (et cet emboîtement de parenthèses (mais, promis, je ne le ferai plus!) lui est dédié (cf Nouvelles impressions d’Afrique)) auquel il faut rendre une part « de ce qui lui est toujours dû » (Michel Foucault, Les mots et les choses, préface, p. 9) le vénérait), a inventé un certain nombre de contraintes pour voyager extra-ordinairement (comme la plus connue peut-être, faire le Tour du monde en 80 jours, mais aussi l’entêtement de Kéraban le têtu qui refuse de payer la taxe sur la traversée du Bosphore pour aller de Constantinople à Scutari et est donc contraint de faire le tour de la Mer Noire), efface à dessein la longitude du document rendant compte du naufrage du capitaine Grant, contraignant ses enfants à le rechercher tout le long du parallèle de latitude 37°11’S...)